16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 13:26

 

Jeudi dernier, c’était le retour du jeudi qui fait flipper les angoisses dans le fond du cerveau … Ma femme était à Paris, mes enfants n’étaient pas gardés et je devais faire une présentation de la nouvelle école qu’on est en train de monter sur Marseille. Face à moi, j’avais de potentiels élèves. Je me devais donc d’être vendeur, sérieux, pro et rassurant … Au top quoi …

 

Et c’est vrai que venir avec ses deux chiards pour le boulot, ça donne vraiment l’impression du contraire …

 

J’arrivais sur le Prado* en bas de l’immeuble Regus**, armé de mes deux nains de combat. J’étais tendu comme un string : « pas bouger ! », « pas respirer ! », « pas toucher ! », … ça charclait, je vais te dire …
On montait en tension, lorsque Zéphir manquait de se faire crépiser par un land rover à la propreté approximative alors qu’il déboulait sur le bitume afin de s’introduire dans l’immeuble (zephir pas le land rover …)…

 

A la vue de ce dernier événement, il me paraissait hautement improbable que ma réunion se passa bien. M’élevant dans les étages, je torturais mon cortex pour trouver une solution. Quand le ding de mon arrivé retentissait, je ne voyais plus que le bluff ou l’auto-humiliation pour me sortir de là …

Je me tournais vers l’hôtesse d’accueil - qui m’avais reconnu - et faisait comme d’hab’ : un sourire, le beeper, un bisou sur la fesse gauche et zhou fait ta présentation. Or cette fois-ci, je trainais sur la fesse et commençait à lui présenter mes nains. Puis, me jetant à ses pieds - que je m’employais à laver de mes larmes dans le même geste, je lui implorais de me céder une salle gratuitement le temps de ma réu … Pitié … S’t’eupl’… Je ferais tout ce que tu veux … Oui, même ça mais sans le citron - ça pique …

 

Elle  m’enchainait de son sourire d’hôtesse : mi-salope, mi-débile légère … « Mais pas de problème*** … ». Je la suivais sans y croire … Et puis oui, elle me fournissait 3m² pour mes nains …. YOUPI !!!! Je sortais le matos pour que les deux heures à venir se passent bien : une ds, une tablette, mon tel, les chargeurs de tous le monde, du cake, une bouteille d’eau, des changes au cas où, …

A peine avais-je posé mon mètre cube de bordel que je sautais en direction de ma salle … LIBRE !!!!

 

Après mon spectacle son et lumière, avec postillons en option si t’es trop prêt, je repassais à l’accueil. J’y trouvais mes trolls sagement assis, un bouquin sur les genoux.
Des qu’il me vit, Zeph’ me récita par le menu le comportement de sa sœur durant leur attente. Conclusion : ça allait …

 

Nous repartions donc dans une joie et un soulagement non feints, ni boudés … Je ne tarissais d’éloge à leur encontre … Ai drôlement fier le papa …

 

Puis, au bout de 15 minutes de trajets, mon grand se tournait vers moi : « Tu sais P’pa ? … Y’avais plein de truc à manger dans la pièce ou on était …

- Ho-ho …

- Comme ça avait l’air gratuit on en a mangé plein et surtout avec Lilou on a pensé à tout le monde. On a pris du sucre pour toi, du thé pour maman et plein de gâteaux pour nous !

Plutôt que de partir dans une répression inadéquate et épuisante, je préférais m’évanouir …

* c’est une rue
** c’est une boite
*** à prononcer comme Jessica Rabbit

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 22:22

 

Jeudi dernier, je décidais de contacter mon ami à petit corps et grands cheveux : Mr S ! … Nous nous accordions pour une descente de bière en bonne et due forme ...

 

Le soir même, sur le coup des 20h89, nous nous retrouvions au cours Ju'. Après un léche-terrasse de quelques minutes, nous posions notre dévolue sur « Le petit Pernod ». Une table deux personnes toute ronde et tout métal criait notre nom au plein cœur de la foule assise. Renard de bars, nous harponnions table et chaises avant que quiconque ne s'en approche. Les cigarettes rigolotes fleurissaient partout … Bonne ambiance ...

 

Après quelques minutes d'attentes, un trentenaire au cheveux tous gris venait à notre table. Vêtu comme un touriste, il arborait un plateau et un torchon sur l'avant bras. Nous détections, immédiatement, son état de bourritude …

  • B'jour m'ssieur … Quesseujvousserre ? …

  • Ben, 2 demis, s'il te plaît …

  • Eukay …

Et il repartait titubant en direction du comptoir.

 

15 minutes plus tard … Toujours rien … Le gaillard taillait méchamment la bavette avec toutes les tables. On voyait bien qu'une grande partie de son énergie passait à garder son équilibre discrètement. Je hélais le gars … « Hein ? … Ha, oui ! Merde ! ». Il retitubait vers le comptoir …

 

37 secondes plus tard, il arrivait avec 2 demis à demi composé de mousse.

  • Désolé les gars … J'vous avais oublié …

  • Pas grave ...

  • Savez … C'est un jour un peu particulier …

 

Pour donner un peu d'intensité à son propos et éviter de tomber, il s'accroupissait et posait une main à terre. Il nous racontait que c'était son grand retour à Marseille pour la saison. Étant connu et aimé de tous – tu m'étonnes – il avait bu des coups avec tous le monde – ceci expliquant cela. Enfin, il nous indiquait les raisons de cet amour : son professionnalisme, son aura, sa précision … Bref, il était bourré …

 

A la deuxième tournée, il nous offrait la suivante car nous étions sympathique … Oubliant ce qu'il avait dit il offrait aussi à la quatrième … Durant cette période, il décidait de faire une pause. « Allez, … Un 51 et j'y retourne. Il s'asseyait à une table et buvait son coup. »

 

Quand son état devenait critique, un groupe d'une douzaine de d'jeun's éméchés s'affalait sur la terrasse derrière nous. Il reprenait du service. À la limite, il tentait vainement de mémoriser la commandes :

« 4 demis … 2 pina colada … 3 vodka … 1 red bull … Non … Cépassa … 5 demis ... »

 

Goguenards, nous lui soufflions de fausses commandes :

  • 15 pastis !

  • 5 menthes à l'eau !

  • Hark ! Hark ! Hark !

 

Pas sur de lui, le serveur rentrait à l’intérieur retrouver ses petits … Mr S me regardait : « Bon ? On se casse ?

  • Ben on paye …

  • Ben non ... L'autre, il est trop gémur pour voir qu'on se barre …

  • Ouais, t'as raison …

 

Nous nous levions d'un bond décidé, pendant que le reunoi derrière nous se barrait à quatre pattes sans payer ses 17 demis. À ce moment, le serveur se retournait pour récapitulé se commande gigantesque. Il se grattait la tête. Nous nous immobilisions. Mr S semblait scruter un truc super intéressant sur son mobile pendant que je me décidais pour une introspection de mon porte monnaie afin de déterminer combien de pièces de 1 centime il contenait.

 

Il se retournait … GOOOOOOOOO !!!! Nous glissions hors de la terrasse pour un plan basket en douceur. Nous remontions la rue ricanant et sautillant, comme des mômes ayant joués avec les sonnettes du quartier.  

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 20:40

 

Dans le torrent d'activités qu'est devenu ma vie, les bouffées d'aires sont rares. Ma géographie variable est devenue chronophage et cortexophage. Preuve en est, ma désagrégation blogale, je ne suis plus qu'un gif animé dans l'anim' flash qu'était ma vie numérique* …

 

Ce dimanche semblait alors un îlot d'immobilisme … Du rien … Pas de taff' (ou plutôt pas envi de le faire) … Ma femme était en épisode dépressif … Pas bavarde … Les mômes était couchés tôt … Fin de course à 19h30 ...

 

Que faire de ce trésor de temps … Certainement pas un épisode de l'une de 74 séries que je suis en parallèle. Je suis à 14 528 heures de visionnage en 2 mois … Je fatigue … Par contre s'péter un poste ça pourrait le faire … Mais j'ai encore les lobes ankylosés … Pas le début de commencement d'une blagounnette … Normalement, ça se prépare ces choses là. Bon, pas d'angoisse … On se fait pas le stresse du poste vide.

 

À l'orée de ma quadragénérittude, je ne me fait plus niquer … C'est le avantage … Plutôt que de monter dans les tours et finir crispé, au bord de la tétanie … Je souffle … Je ferme les yeux … Je réfléchie à une activité décontractante dont j'aurai envi, là, maintenant, tout de suite … Et je la fais !... Et pis ça marche !!!

 

Ce soir, le grand gagnant fût …. Ratatatating ! Le bain bien chaud ! … Ha ouais, pas con …. En plus, j'avais un peu mal au dos ...

 

Je montais vite dans la salle de bain du haut. J’obturais l'évacuation de la baignoire et tournais les boutons jusqu'à ce que, comme dans les films, la vapeur et le bruit de l'eau remplissent toute la pièce.

 

En attendant un niveau ad hoc, je me préparais comme une jeune fille : du t-shirt super classe avec une pin-up dessus qui sent bon la lessive, du sous vêtement stabilisant mais pas oppressant, de la chaussette qu'est chaude, …

 

Ayant tout bien préparé, il me restait encore quelques minutes avant l’arrêt de l'eau. Pour parfaire ce moment de détente, je me roulais une cigarette à la décontraction avérée.

 

De retour dans la salle de bain, je coupais l'eau. Je déposais mon cendar', mon kébri et ma « clope » sur le rebord de la baignoire. Puis, je me déshabillais. Je tassais vaguement mes fringues du pied. Je me regardais dans la classe … Ouais, ça va … Y'a largement pire …

 

Au fur et à mesure que je m'enfonçais dans l'eau, la chaire de poule me gagnait. L'eau était bouillante. À force de petit cri, je finissais allongé.

 

Je m'allumais le bidule et fermais les yeux. Je commençais par laisser la chaleur chasser mes sales idée et mes nerfs. Puis, j’enchaînais en tentant de remplir ce pauvre cerveau d'idée pour un post

 

Les éléves mononeuronal ? … Bof … Les névrosés du train ? … Re-bof … La dernière cascade de Zéph' ? … Re-re-bof … Alors quoi ? …

 

J'ouvrais les yeux pour déposer ma cendre dans le cendrier … Zip ! … Plouf ! … Avant que j'ai eu le temps de le toucher, le cendrier et tout son contenu venait de tomber dans mon bain.

 

Bon, je croie que je l'ai mon idée de texte ...

 

* Là, c'est de la vanne toute pourrie de webbeux ...

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 12:52

Un jour de cet été, Mr S, mon ami micro-rasta, était dans mon jardin. Nous devisions sous le soleil du Sud-Est avec mes nains gesticulant autour de nous.

Les voyant agir plusieurs longues minutes, il stoppait notre débat et me sortait à froid : « Mais c'est des punk tes mômes … Des no future men ... ».

Il est vrai qu'au moment des faits ma fille venait de tomber toute habillée dans une bassine d'eau sale et mon fils venait de ruiner mon potager à coup d'eau de piscine javellisée …

Amusée, je ne lui répondais que par un sourire … Le mot était bon mais le propos un peu excessif …

 

Mais ce mercredi, j'ai compris qu'il avait raison. Et pis encore, c'est génétique … La punkitude est gravé dans l'ADN de la famille.

 

En effet, hier, ma fille était conviée à un anniv'. La thématique était « princesse ».

Cependant, d'un point de vue pratique, ma femme était partie à Paris et mon fils avait foot à peu près au même moment. J'étais donc dans une gestion mode course …

 

Sur le coup des 15h07, nous arrivions rue E Herriot en direction de Ouimum's – un salon de thé un peu prout pour que les mamans se la coulent douce pendant leurs enfants soient gérés dans une ambiance bobo-magique.

 

Lilou galopait à mes côtés, elle était déjà habillée en princesse (des neiges précisément). Zéph' lui speedait aussi, sac de foot sur le dos et sur-chaussures à roulettes qui font des tas de lumière aux pieds. Nous avions quelques minutes de retard, mais rien de grave.

 

Enfin devant le salon de thé, une gigantesque porte automatique se présentait devant nous. Au bout de quelques secondes d'attente, rien ne se passait. Dans mon speed, j'en concluais que j'avais mal compris et que la porte n'était pas automatique. Je poussais dessus pour comme un âne …

 

C'est dans un hurlement de troll émasculé que la propriétaire se pointait devant la porte pour m'obliger à arrêter mes conneries. Dès que je le fît, la porte glissait vers la gauche et nous laissait l'espace pour entrer. Chose que nous fîmes sous le regard courroucé de la patronne et des clients (dont nombre d'entre eux étaient des parents de l'école de ma fille).

 

Même pas honteux, je demandais à la capitaliste stressée de me dire ou me rendre pour la fête … Prenant sur elle, elle m'indiquait l'étage dans un sourire crispée. Embarquant mes nains, je me dirigeais dans la direction indiquée.

 

Durant la montée à l'étage, je ramassais ma fille toutes les trois marches car celle-ci n'est pas habituée aux robes longues. C'est donc sous le regard halluciné des enfants et des parents présent que nous franchissions la dernière marche.

 

Après le réglage des éléments pragmatiques avec la mère inviteuse, je me tournais vers ma fille. Je m'embrassais la main, lui lançais un bisou imaginaire et ajoutais : « Bise ma princesse … Eclates-toi bien ».

Derrière ma fille, se trouvait l'animatrice de l'anniversaire (elle aussi déguisée en princesse), elle répondait juste « oui ».

 

Taquin, je me décidais de tenter la petite vanne. Regardant l'animatrice j'ajoutais : « non, mais c'est à ma fille que je parlais ... »

Me jetant un regard glaciale, elle répondait : « j'avais compris ». Bon … Pas super bien passé comme vanne …
Avant de me faire étriper et d'être en retard au foot, je me décidais à partir vite avec mon fils …

 

Zeph' n'avait pas quitté ses roulettes, la descente de l'escalier n'en était que plus technique. Et des fois quand c'est trop technique, ça part en couille … Et là, paf ! Ça à pas raté.

 

À mi-escalier les deux pieds de mon fils glissaient et il se marravait comme un malade. Dans l'action, il dégageait une statue présente dans les marches. Celle-ci dévalait jusqu'en bas dans un bruit infernal. Je ramassais mon fils (qui n'avait rien – ouf) et la statue (qui n'avait rien – ouf) sous le regard meurtrier de la propriétaire, qui, je pense, commençait à en avoir raz le cul de cette famille qui pète tout en 10 minutes.

 

J'époussetais mon fils et l'emmenais hors de ce lieu avant que nous fassions lapider. Une fois dehors, je ne pouvais m’empêcher de ricaner. Je me tournais vers mon fils : « on est trop keupon pour ce monde mon fils ... »

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:24

Depuis plusieurs mois, par le truchement du hasard du porte monnaie vide, je me retrouve à jouer les France trotter. Ceci afin de délivrer la sagesse de mon savoir à haute teneur en technicité internet.

C'est pourquoi, mardi dernier, je redescendais de la capitale vers ma Marseille pas natale. Contrairement à ma douce, je n'y étais pas allé pour faire la belle. J'en revenais donc fourbu …

 

Et pour cause … Pour me détendre, je m'étais levé à 6h45 pour traverser presque tout Panam'. J'y avais prodigué mes talents au 10ém étage d'une tour glaciale de la défense toute la journée.

Ensuite, toujours dans un esprit de frais divertissement, j'avais enquillé 20 minutes de RER A et 2 heures d'attentes de train dans une gare de Lyon aux accents polaires.

 

Les gens y mouraient de froid sur place. Les clopes se gelaient si on ne tirait pas dessus en permanence. J'y survivais par miracle en m'abritant dans la carcasse d'un contrôleur encore chaud, comme Luke Skywalker le fit en son temps. Nous fûmes 15 survivants à franchir le Rubicon de la porte automatique du wagon … Une boucherie j'vous dis …

 

Ce ne fût qu'aux alentours d'Avignon que mon sang recommença à couler normalement dans mes veines et que je récupérais la sensation de mes pieds.

Après 3 heures 30 de folle griserie ou l'emmerdement se tirait la bourre avec la dépression nerveuse, j'arrivais à Marseille.

 

Pour finir en beauté, je me faisais une petite fraude à la RTM*, parce que « ça va bien les transports en commun » ! J'arrivais devant la porte de mon immeuble vers les 00 heures 57.

 

Pour mettre du piment dans ma vie, j'avais décidé de perdre mes clés. Heureusement, ma douce a une fidélité increvable. Elle avait donc laissé son mobile allumé pour que je la beep à mon arrivée … C'est-y pas beau la dévotion ? …

 

Exténué mais satisfait de mon retour à la maison, j'inclinais ma valise à roulette pour la poser et empoignais mon portable. D'un index agile, je faisais glisser les boutons tactiles pour lancer la communication avec ma femme. Sa miniature apparaissait sur mon écran. Je m'attendais à une tonalité … ??? … Alors ? ...Qu'est y'a ? … Je retournais le combiné vers moi : « Réseau indisponible ».

Comment ça pas de réseau ? En plein centre ville de Seillemar ? … Non ! … Ma négligence administrative aurait encore fait des siennes ? … Non, c'est un prélèvement ...

Alors quoi ? … C'était encore mon matosse de deurm' qui faisait son malin ! Harg ! …

 

A sa décharge, ce téléphone à du subir 450 mètres de chute en cumulé … ça use …

 

Mais qu'importe, je bootais la bête, ça devait lui remettre les idées en places …

Je bootais … J'attendais … Doigts … Bouton … Miniature … Tonalité ? … ??? … Whalou ! Re-harg sa mère !

Peut-être avais-je mal redemarré la première fois, alors zhou, go to the reboot … J'attendais … Doigts … Bouton … Miniature … Tonalité ? … ??? … Keud ! …. Re-Reharg de la mort qui flagelle des enfants avec des orties ! …

 

A ce moment précis, je me tatais fortement. Devais-je jeter mon mobile au sol et le piétiner avec rage ou pleurer et partir pour 2 ans de dépressions ?

Mais non ! « Can't keep me down » comme dirait le dernier fils de Bob**, je voyais une solution romantico-pratique : le coup des petits cailloux dans les volets. Si ça marche, c'est classe …

 

Malheureusement, je trouvais facilement des crottes de chiens … tandis que des cailloux …

Après 15 minutes de quatre pattes dans la pénombre, mon sens de l'humour en avait pris un sacré coup.

Mais soudain, joie, communication avec dieu et mini orgasme, je trouvais enfin mon cobaye minéral.

 

Je reculais de quelques pas, faisais des tourbillons avec le bras et … Nawak ! Engoncé dans ma veste de rock star sur le retour et mon sac en bandoulière, mon projectile effectuait une trajectoire à des années lumière de ce qui était prévu … J'avais perdu ma seule chance de rentrer ! Je me décidais enfin pour la dépression de 2 ans …

Je me voyais déjà mort au petit matin, noyé dans mon malheur et ma solitude.

 

Alors, je tentais le tout pour le tout : le SMS ! Et il passait !!!! Du coup, je récupérais le réseau ! Waaahoooooouuuuuu !!! Du coup … Doigts … Bouton … Miniature … Et, … Tonalité ! … Il était 1 heure 42 …

 

Ma femme m'ouvrait la porte 5 minutes plus tard, le regard ensommeillé et le bisou mou, … Ou l'inverse, je sais plus …

 

Je me couchais soulagé, énérvé et honteux … Mais chez moi ...

 

* RATP marseillaise

** Marley, bien sûr ...

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 22:04

 

Ce vendredi, un drame venait de se produire dans l'immeuble ! Le voisin du deuxième c'était fait fracturer sa porte d'entrée et chourer deux trois conneries. Des trucs sentimentaux, rien de bien méchant, mais du qui fait chier, qui venerre … Le tourment c'était rependu dans les étages comme un tsunami d'émotion* …

 

Moi, en tant qu'intello-prolétaire qui ouvre les chakras aux masses laborieuses, je ne sais plus de quelle contrée exotique je rentrais. Mais j'en rentrais tard. Je ne fut donc informé de la chose que tard dans la journée.

 

Solidarité vaincra, je passais voir le mec, qui est un peu âgé et un peu seul. Avant même que je finisse d'atteindre l'étage la porte s'ouvrait. Il croyait que c'était les keufs qui venaient relever les empreintes et tout le toutim.

« Ha … C'est vous … Bonjour ... ». Et vazy que j't'enchaine, et que je te montre le mur défoncé, et que je me plaint des condés qui font rien qu'à rien branler, …

 

J'étais plutôt fier de moi : attentif, positif mais réaliste … Le discourt ne tombait pas – c'était pourtant une de mes craintes – dans le nazillon de bas étage. Ce qui facilitait la tache pour me sentir solidaire.

 

Au bout de quatre à cinq minutes de conversation, la porte du voisin d'en face s 'ouvrait brutalement. Celui-ci nous apparaissait raide comme un piquet, le torse bombé – à tel point qu'il était cambré vers l'arrière.

De base, il est un peu flippant le voisin : œil perçant et sombre, balafre plein la tronche … Pour corser la chose, il portait des lunettes de soleil super bizarres, genre Swarzie dans T1, mais puissance dix. On les auraient situées entre le kitsch et le médical.

 

Il nous toisait de sa tête pas possible. Puis, il releva doucement les lunettes, les posa sur son front. Fronça les yeux, se cambra encore plus en arrière et commença à faire fondre son masque de cire pour arborer un sourire franc et jovial.

Les lunettes toujours sur le front, il se dirigeait vers nous la main tendu : « ha ... salut … ça va ? - se tournant vers moi – Ouais … J'ai appris pour monsieur – il désignait le volé du menton- Putain ça me dégoutte ! ».

 

Je le laissais s'énerver tout seul quelques secondes … Je le connais un peu, il redescends vite … Et ce fût le cas. Oubliant complètement la victime, il ne parlait quasiment qu'à moi de tout et de rien … Au bout de cinq minutes, il se tapait le front du plat de la main : « Ho ! Faut que je te montre un truc, tu vas halluciner ». Il me traînait vers chez lui et se tournais vers le fracturé de la porte: « excusez-nous … deux minutes ... ».

 

Se dirigeant vers l'appart', il me tendait le lunettes : « Prends ça … Tu vas voir c'est terrible ! … J'me suis acheté ça pour noël ... ».

 

Une fois dans l'antre de la bête, il se dirigeait vers une espèce de télé, écran plat taille XXXXL : « Vas-y … Poses-toi … Mets les lunettes, tu vas voir ... »

 

Je m’exécutait, pendant qu'il appuyait sur lecture. Que découvrais-je, de mes yeux consternés ?

 

Une jeune dame, à la poitrine pulpeuse et fort peu couverte, se tenait dans un champs ou elle faisait un pic-nic … Sans culotte … Comment je le sais ? … Parce que très rapidement, elle a commencé à se tirlipoter le machin ! Le tout dans une 3D, je dois l'avouer plutôt bien faite …

 

J’hésitais entre l'explosion de rire et fondre en larme de consternation … « Alors ? » … Je ne savais trop quoi répondre. Puis comme pour enfoncer le clou, il croyait bon d'ajouter : « C'qu'est dingue ! … C'est qu't'as vraiment l'impression qu'la fille, elle est à coté de toi ! ... »

 

Je manquais de tourner de l’œil devant tant de connerie. Mais comme un soldat, j'affrontais mon destin … Je me voyais pas trop lui balancer un : « qu'est-ce j'en ai à foutre de tes films de boules ! ». Avec la tête qu'il a, c'était un coup à se retrouver avec une boutonnière entre la cinquième et la sixième côte plus vite que ça ...Alors, c'est mi-géné, mi-consterné que je découvrais – attention ! N'oublions pas en 3d: Samantha s'tripotte à la campagne, Anita dans une étable, Barbara dans une cuisine, …

 

Au bout de 15 minutes je repartais, titubant enfin de rire dans les escaliers, devant la scène hallucinatoire que je venais de vivre … Encore un que je ne regarde plus du même œil ...

 

* C'est-y pô pouetique ...

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 10:29

 

La pierricharditude ? … Un courant philosophique ? … Une maladie génétique orpheline ? … Une inaptitude sociale à la vie ? …

 

Les plus grands scientifiques du multivers se penchent sur le sujet, armés de pipette et de de scies à métaux, depuis des décennies … Et résultat ? …

Keud ! … Peau de zob ! … Nada ! … Kaimu* ! …

 

Face à ce problème, tu es seul … C'est d'ailleurs ce qui le caractérise. Quand tu fais une crise, tu te retrouves dans un grand moment de solitude.

 

Y'a pas une semaine, je me retrouvais, comme régulièrement, seul face aux fauves pendant que ma douce se faisait compter fleurette à la capitale par je ne sais quel informaticien à la virilité vulgaire.

 

Durant ces périodes, les plannings sont tendus : y'a foot, peinture, devoir, bain, repas, goûter, arbitrage, nettoyage des armes, …

 

Ce matin-là, pendant que je débarrassais la table du dej' avec ma pelle américaine et mon Karcher, mon regard tombais sur la pendule du salon : « Putain de sa mère la pute qui suce des babouins syphilitiques agrégés en ergonomie ! J'ai 10 minutes à tuer ! »

 

Nous (les nains et moi) avions miraculeusement réussi à gagner de précieuses minutes au petit dej' par rapport à ce qui était prévu !

Je croie surtout me rappeler qu'il y avait rien à bouffer … Mais je préfère négliger ce détail pour rester sur une note positive.

 

Mon cerveau se mettait en action … Que faire ? … Fuir ? … Heu, non … Écrire – sans prétention – le chef d’œuvre du siècle à venir ? … Heu … en 10 minutes, ça va être limite quand même … Vomir ? … Heu, non … J'ai rien dans le bide …

 

Finalement, j'optais pour une douche … C'est moins rock'n roll, mais c'est utile. Je faisais les reco' d'usage aux nains, histoire que ma toilette ne dégénère pas en 3éme guerre mondial du rez-de-chaussé.

 

La suite s’enchaînait logiquement : mouillé, chaud, propre … Cool, quoi ! Quand toutes mes parties – même les plus intimes – sentaient bon la vanille des îles, je me décidais à passer à l'étape suivante.

 

Je me relevais dans la baignoire. Je regardais face à moi à la recherche d'une serviette éponge .. Rien … Ben y'en a ou ? … Je tournais la tête vers la gauche.

C'est à ce moment précis que mon centre de gravité décidait de changer de place … Zip ! …

 

Zip ? … Et oui, zip ! Mes deux pieds glissaient d'un coup … Depuis quand je sais léviter ? … Ha oui, c'est vrai, je ne sais pas …

 

BADABOOOOM ! Je m’éclatais le torse, de tout mon poids, sans pouvoir me retenir sur la tranche de la baignoire. OOOOUUUUUFFFFF !!!!!

 

La cage thoracique en feu … Plus d'air … le genou mou … Froid (parce que je suis toujours pas essuyé) … Ridicule (je suis toujours à poil) … Mais, je flippe quand même ...

 

Je titube dans la salle de bain tentant de me ressaisir … Je gémit … Je chiale … Bref, je suis digne …

 

C'est à ce moment que la petite voix de Lilou retenti du bas de l'escalier : « ça va Papa ? C'était quoi le bruit ? … »

 

Plier en deux, le souffle court, je me tenais les cotes à deux mains : « Non … Arg ! … C'est rien ma chérie … Arg ! … ça va … »

Tip tap, tip tap, elle montait pour vérifier …

 

Non !!! Je ne suis pas apte à rassurer un môme ! J’hésite entre cri, évanouissement et galak. Alors, tu montes pas !
Trop tard ! …

Chancelant, je m'armais du plus beau de mes sourires pas crédible crispés et la descendais manu militari.

 

Je sais, c'est pas sympa. Je n'en tire aucune fierté mais y'a des moments ou c'est pas le moment ! Mais rassurez-vous, je paye. En plus de la culpabilité paternelle qui me poursuit depuis, je suis plus symétrique des côtes … C'est flippant ...

 

* Là y'a pas de vanne, c'est juste du japonais …

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 22:45

 

Y'a pas deux samedis, ma douce et moi, tripotions d'un doigt nickel l'idée de se prendre un apéro tranquille, pénard, cool, détendu du gland. Histoire de se calmer de ces semaines trépidantes qui m’empêchent d'écrire plus souvent

Pure folie, manant ! Pure folie !

Quelle gageure que de rechercher du calme dans un lieu occupé par une armée de deux nains à la vivacité et à la hargne d'un jeune pitbull.

 

Pourtant, nous n'avions pas vue trop grand. Aucune vache farcie au cochon de lait n'était au programme. Au pire nous espérions foutre sur le cul une bouteille de blanc en se jetant négligemment dans la bouche quelques cawettes sorties d'un fond de placard, le tout dans une ambiance sensuelle et badine (si c'est possible ...).

 

Motivé par la naïveté du bienheureux, nous nous employions à mettre en place notre plan.

Personnellement, j'entretenais l'imagerie cromagnonesque du mal dominant en débouchant le pinard. J'agissais dans la discrétion du guépard, guidé par mon instinct. Ils ne sont pas loin … Ils peuvent surgir à tout moment ! … Mais non … Dégun …

En trois minutes, nous étions prêt. Nous nous saisissions de notre verre et tchinions tout sourire …

 

« OUUUUUUAAAAAAAAA !!!!!!!! »

 

L'ambiance « je t'aime sur la plage à mourir » venait d'exploser dans des pleurs de Lilou … Hurlante et pleurante, elle pénétrait dans la véranda comme un cow-boy dans un saloon – les deux portes vitrées s'en souviennent.

 

  • Paaaapppaaaaa !!!! Y'a Zephir … Snif, snif … Y dit que … Snif, snif … Y dit que … Snif, snif … Que ch'uis bête et y m'a … Snif, snif … Y m'a planqué mes cartes Pokémon ! … Snif, snif …

  • Et toi, t'as rien fait ?

  • Non … Snif, snif …

Je la scrutais dans l’intérieur de l’œil … Hum … Semble pas bluffer … Je laissais glisser quelques secondes …

 

  • ZEPHIR !!!! Viens ici … ??? … ZEPHIR !!!! …. ZE-PHI-R !!!!!!

Après une corde vocale pétée et trois minutes, mon Zeph' arrivait nonchalamment … Moi, j'étais déjà pas chaud comme la braise ...

  • Hum ? … On me parle ? …

  • C'est quoi cette histoire d'insulte et de chourre ?

  • Quoi ? Nan mais c'est pas vrai !!! Tout en me disant ça, il secouait névrotiquement la tête de gauche à droite …

  • Alors ? …

  • Nan, j'te jure …

 

Je plantais mon regard dans le sien. J'analysais … Comme pour sa sœur : il bluffe ou pas ? J'arrivais pas à voir. Une idée me traversait … Gling ! …

 

Je tendais mon bras et lui apposais le plat de la main sur le torse. Son cœur battait à tout rompre … Je relevais les yeux sur lui. Il savait que je savait. Immédiatement, il se cachait le visage dans les mains pour qu'on ne lui voie pas ce sourire nerveux qui lui pousse quand il se fait grillé …

  • Mais c'est pas juste !!!!

Je ne disais rien et je souriais … Je savourais le moment. Je le laissais s'enfoncer … Puis l'interrompais : « toi même tu sais ... ». La discussion était close.

 

Des fois, on est encore le plus malin ...

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 15:58

 

Lundi ... c'est mon jour de sortie – comme dirait Joey, ce fut même mon premier jour de liberté conditionnelle. Ma femme et mes enfants étaient partis pour les vacances, j'avais 48h avant que ma douce ne revienne …. À moi, tranquillité, paix intérieure et Moi sur développé !

 

Ce matin, je retrouvais vite mes réflexes de célibataire : réveil gueule dans le cul, bourre totale, course effrénée, humidité complète avant 10 heures du mat'.

 

L'accouchement de moi-même n’eut lieu que tard dans la matinée, alors que j'étais en cours depuis plusieurs heures. Tous ce qui se passait avant restait flou, dans l'automatisme.

Puis, comme un vieux diesel, encore vaillant, je crachotais une sale fumée noire et commençais à chercher ma vitesse de croisière.

La journée se finissait classiquement sous les hourras de mes élèves. Je rejoignais la sortie accompagné d'une Hola formée par les élèves des autres classes.

 

Gonflé par cette ambiance de win totale, je profitais de la sortie des cours pour me rendre au Vieux Port, dans l'espoir de réaliser quelques jolis plans avec ma caméra pour une idée de court métrage qui me trotte dans la tête depuis des mois.

Et là, Paf ! La lumière me frappait d'un uppercut divin et Saint Gabriel m’apparus : « Hey man ! … Je te confie l’œil de Stanley, c'est une relique ancestral … Tu vas voir c'est cool ... » et re-Paf ! Il disparaissait … Et c'est vrai que ça marchait plutôt bien son truc … Je faisais des tas de plans super, à base de jeux de lumières, d'ombres et de soleil couchant qui se reflétait dans la mer.

Je ressortais gargarisé, certain d'être un génie intemporel.

 

De retour à la maison, je me posais quelques instant, matais mes rush, checkais mes mails et profitais de plaisirs plus ou moins avouables. Je me promettais de ressortir à la nuit tombée, pour effectuer de nouveaux plans à la Plaine, le quartier festif.

 

J'exploitais la sérénité ambiante pour surfouiller au hasard des liens internet. Détendu comme pas deux, je prenais de plein fouet les affres de l'usure de la paternité et la vieillittude. En d'autres termes, j'arrivais pas à bouger mon gros cul de feignasse.

 

Finalement, je partais de la maison trois quart d'heure plus tard.

Auparavant, un duel de titan avais eu lieu entre ma conscience et ma paresse, j'avais vérifié 13 fois la porte d'entrée, 27 fois les lumières et perdu, puis retrouvé 57 fois mes clopes.

 

Au bout de 48,79 mètres que j'avais posé le pied gauche sur le bitume crasseux, la sonnerie de mon portable venait interrompre Daddy Mory dans mon casque. Je cliquais sur le bouton du micro : « Allo ? ». C'était ma douce …

 

Tout sourire, je profitais de cette parenthèse dans l'absence. Malheureusement, après quelques minutes la communication devint de mauvaise qualité de son coté. Très vite, entendant des bruit de nuques qui se brisaient, je comprenais son agacement. Afin de conserver une atmosphère sereine, je me décidais à m’arrêter pour améliorer la qualité du son … 25 minutes plus tard, je reprenais mon chemin …

 

S'en suivait une course en métro, apparemment simple : 5 stations et 2 changements … Il me fallait 45 minutes pour arriver à destination …Vive les métro marseillais. Mais ma volonté n'était même pas rayé … Je remontais vaillamment les escalators qui m'extrayaient vers l'air libre. Pour décompresser et rester zen, j'égorgeais un chien ...

 

J'arrivais quand même, super chaud ! … « Ouais ! … Alors ? T'as quoi ? On fait quoi ? Ou c'est qu's'est beau ? ».

Et la consternation, atermoiement ! … Degun, Sonneper, no body, a pas de gens … Les rues étaient vides … Il ne restait que les charclos, les bouteilles brisées, la saleté et les tags ... Comme pénitence j'effectuais le retour à la maison en me flagellant avec mon pied d’appareil ...

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:14

 

En tant que suractif névrosé nerveux à tendance procrastrinatoire, la course permanente en apnée est mon sport favori.

Malheureusement ce type de fonctionnement ne souffre pas l’imprévu.

 

Mercredi, j'étais de formation à Marseille. J'avais comme mission supplémentaire de retirer des billets de trains pour que j'aille donner mes cours à Paris et pour que les nains partent en vacances. Du vital … Du fondamental ...

 

J'avais prévu de me la jouer casse-dalle-p'tit-mission du midi. Pourtant, sur le coup de 12h47, l'absence de petit dej' se faisait rudement sentir … L'option casse-dalle me paraissait aussi improbable que de vider la mer méditerranée à la cuillère à café.

 

Je remontais dans la salle des prof' avec des vivres pour un petit village de junk-food addict. Emporté par la joie du gras et du sel, je laissais ma langue se délier. Et vas-y que j'te raconte une histoire sur les mômes, et vas-y que je m'insurge contre le système de pôle emploi, et vas-y que je ricane sur la bêtise crasse des élèves … Et puis, soudain, d'un coup, sans prévenir, … Il était 13h15 … Merrrrrdeuuuu !

 

Je tassais les emballages en sautant à pieds joints dans la poubelle. Je piquais un sprint vers la sortie. Au passage, je prenais ma veste que j'enfilais dans un mouvement de jaguar. Puis avant de disparaître, j'ajoutais : « J'vais faire une course … J'commencerai à 13h35 … J'aurai cinq minutes de retard ».

 

Je dévalais les marches dans un seul mouvement. J'étais en bas en 47 secondes.

 

Première chance : le cred' lyonnais à coté de l'école vient de rouvrir et avant y'avait une borne SNCF … Je déboulais dans le machin comme un animal en colère, le souffle fort, l’œil mauvais. 360° avec la tête et le sourcil circonflexe … Hummmmm …. Merrrrrdeuuuu ! Pas de borne ! …

 

Je repartais pour le sprint de la mort … Il me fallait remonter la rue Saint Fé et trouver la boutique SNCF qui a une borne au premier étage … C'était encore jouable …

 

Galope ! … Galope ! … Galope ! … Dérapage sur le sol verni du Centre Bourse. Arrêt devant la borne … Elle était libre … Youpi !

 

J'introduisais ma CB dans le bidule … Tout mes billets s'affichaient sur l'écran tactile … Je les prenais tous ! La machine me rendait ma carte et me promettait une impression rapide.

Malheureusement, il n'en fût rien. Au bout de quelques secondes et quelques soubresauts douteux, elle m'affichait un message d'erreur et deux billets imprimés me disant que ça avait merdé et que je devais me rendre à un guichet pour traiter ça avec un vrai monsieur en uniforme … HHHHHAAAARRRGGG … Jamais entendu parlé de ça de ma vie … Pourquoi toujours moi ?!

 

Je rentrais dans la boutique et prenais un ticket … Deux personnes avant moi … Je m'asseyais et commençais à rentrer en fusion à l’intérieur de moi-même. Je me rongeais la main droite pour ne pas tuer ni blesser quelqu'un …

Quand je m'attaquais le coude, mon numéro s'affichait sur l'écran géant au centre de la pièce. D'un bond crispé, je me dirigeais vers le bureau .

 

Sur place, je ne parvenais pas à exprimer mon problème sans décrisper les dents. J'avais peur de devoir lui casser un bras, si je me laissais un temps soit peu aller.

Le mec me demandait ma CB et rentrait des tas de chiffres sur son ordi. Sa lenteur et ses grimaces au fur et à mesure de ses découvertes me donnaient des envies de meurtre …Mais non … Contrôle … Contrôle. Puis, il me lâchait : « Non ! … Y'a pas de billet avec cette carte ... »

 

HUUUUUUU !!!! L'aiguille va dans le rouge … Pour faire avancer le problème comme un adulte responsable, c'est à dire sans taper les gens, j'expliquais la présence de mon billet justificatif en brisant des chaises contre le mur … Voyant mon état de nerfs, le gars prenait un techos' et allait regarder dans la borne …

 

Leur recherche me semblait des heures … La culpabilité, pour mon retard au travail, me donnait des palpitations … l'air me manquait … Quand la crise cardiaque se faisait de plus en plus certaine, le mec revenait avec des billets tout chiffonnés … « Bon … On à la référence … On va vous les ressortir ... »

La manœuvre prenait encore dix bonnes minutes … Mon cœur ne battait plus qu'une fois sur deux … Quand le type me tendait les tickets, je reprenais immédiatement vie et repartait dans un sprint retour …

 

J'arrivais avec une heure de retard, dans une « décontraction totale ». Il me fallu quand même attendre la pause pour que je puisse m'évanouir en toute quiétude.

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