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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 15:58

 

Lundi ... c'est mon jour de sortie – comme dirait Joey, ce fut même mon premier jour de liberté conditionnelle. Ma femme et mes enfants étaient partis pour les vacances, j'avais 48h avant que ma douce ne revienne …. À moi, tranquillité, paix intérieure et Moi sur développé !

 

Ce matin, je retrouvais vite mes réflexes de célibataire : réveil gueule dans le cul, bourre totale, course effrénée, humidité complète avant 10 heures du mat'.

 

L'accouchement de moi-même n’eut lieu que tard dans la matinée, alors que j'étais en cours depuis plusieurs heures. Tous ce qui se passait avant restait flou, dans l'automatisme.

Puis, comme un vieux diesel, encore vaillant, je crachotais une sale fumée noire et commençais à chercher ma vitesse de croisière.

La journée se finissait classiquement sous les hourras de mes élèves. Je rejoignais la sortie accompagné d'une Hola formée par les élèves des autres classes.

 

Gonflé par cette ambiance de win totale, je profitais de la sortie des cours pour me rendre au Vieux Port, dans l'espoir de réaliser quelques jolis plans avec ma caméra pour une idée de court métrage qui me trotte dans la tête depuis des mois.

Et là, Paf ! La lumière me frappait d'un uppercut divin et Saint Gabriel m’apparus : « Hey man ! … Je te confie l’œil de Stanley, c'est une relique ancestral … Tu vas voir c'est cool ... » et re-Paf ! Il disparaissait … Et c'est vrai que ça marchait plutôt bien son truc … Je faisais des tas de plans super, à base de jeux de lumières, d'ombres et de soleil couchant qui se reflétait dans la mer.

Je ressortais gargarisé, certain d'être un génie intemporel.

 

De retour à la maison, je me posais quelques instant, matais mes rush, checkais mes mails et profitais de plaisirs plus ou moins avouables. Je me promettais de ressortir à la nuit tombée, pour effectuer de nouveaux plans à la Plaine, le quartier festif.

 

J'exploitais la sérénité ambiante pour surfouiller au hasard des liens internet. Détendu comme pas deux, je prenais de plein fouet les affres de l'usure de la paternité et la vieillittude. En d'autres termes, j'arrivais pas à bouger mon gros cul de feignasse.

 

Finalement, je partais de la maison trois quart d'heure plus tard.

Auparavant, un duel de titan avais eu lieu entre ma conscience et ma paresse, j'avais vérifié 13 fois la porte d'entrée, 27 fois les lumières et perdu, puis retrouvé 57 fois mes clopes.

 

Au bout de 48,79 mètres que j'avais posé le pied gauche sur le bitume crasseux, la sonnerie de mon portable venait interrompre Daddy Mory dans mon casque. Je cliquais sur le bouton du micro : « Allo ? ». C'était ma douce …

 

Tout sourire, je profitais de cette parenthèse dans l'absence. Malheureusement, après quelques minutes la communication devint de mauvaise qualité de son coté. Très vite, entendant des bruit de nuques qui se brisaient, je comprenais son agacement. Afin de conserver une atmosphère sereine, je me décidais à m’arrêter pour améliorer la qualité du son … 25 minutes plus tard, je reprenais mon chemin …

 

S'en suivait une course en métro, apparemment simple : 5 stations et 2 changements … Il me fallait 45 minutes pour arriver à destination …Vive les métro marseillais. Mais ma volonté n'était même pas rayé … Je remontais vaillamment les escalators qui m'extrayaient vers l'air libre. Pour décompresser et rester zen, j'égorgeais un chien ...

 

J'arrivais quand même, super chaud ! … « Ouais ! … Alors ? T'as quoi ? On fait quoi ? Ou c'est qu's'est beau ? ».

Et la consternation, atermoiement ! … Degun, Sonneper, no body, a pas de gens … Les rues étaient vides … Il ne restait que les charclos, les bouteilles brisées, la saleté et les tags ... Comme pénitence j'effectuais le retour à la maison en me flagellant avec mon pied d’appareil ...

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