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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:14

 

En tant que suractif névrosé nerveux à tendance procrastrinatoire, la course permanente en apnée est mon sport favori.

Malheureusement ce type de fonctionnement ne souffre pas l’imprévu.

 

Mercredi, j'étais de formation à Marseille. J'avais comme mission supplémentaire de retirer des billets de trains pour que j'aille donner mes cours à Paris et pour que les nains partent en vacances. Du vital … Du fondamental ...

 

J'avais prévu de me la jouer casse-dalle-p'tit-mission du midi. Pourtant, sur le coup de 12h47, l'absence de petit dej' se faisait rudement sentir … L'option casse-dalle me paraissait aussi improbable que de vider la mer méditerranée à la cuillère à café.

 

Je remontais dans la salle des prof' avec des vivres pour un petit village de junk-food addict. Emporté par la joie du gras et du sel, je laissais ma langue se délier. Et vas-y que j'te raconte une histoire sur les mômes, et vas-y que je m'insurge contre le système de pôle emploi, et vas-y que je ricane sur la bêtise crasse des élèves … Et puis, soudain, d'un coup, sans prévenir, … Il était 13h15 … Merrrrrdeuuuu !

 

Je tassais les emballages en sautant à pieds joints dans la poubelle. Je piquais un sprint vers la sortie. Au passage, je prenais ma veste que j'enfilais dans un mouvement de jaguar. Puis avant de disparaître, j'ajoutais : « J'vais faire une course … J'commencerai à 13h35 … J'aurai cinq minutes de retard ».

 

Je dévalais les marches dans un seul mouvement. J'étais en bas en 47 secondes.

 

Première chance : le cred' lyonnais à coté de l'école vient de rouvrir et avant y'avait une borne SNCF … Je déboulais dans le machin comme un animal en colère, le souffle fort, l’œil mauvais. 360° avec la tête et le sourcil circonflexe … Hummmmm …. Merrrrrdeuuuu ! Pas de borne ! …

 

Je repartais pour le sprint de la mort … Il me fallait remonter la rue Saint Fé et trouver la boutique SNCF qui a une borne au premier étage … C'était encore jouable …

 

Galope ! … Galope ! … Galope ! … Dérapage sur le sol verni du Centre Bourse. Arrêt devant la borne … Elle était libre … Youpi !

 

J'introduisais ma CB dans le bidule … Tout mes billets s'affichaient sur l'écran tactile … Je les prenais tous ! La machine me rendait ma carte et me promettait une impression rapide.

Malheureusement, il n'en fût rien. Au bout de quelques secondes et quelques soubresauts douteux, elle m'affichait un message d'erreur et deux billets imprimés me disant que ça avait merdé et que je devais me rendre à un guichet pour traiter ça avec un vrai monsieur en uniforme … HHHHHAAAARRRGGG … Jamais entendu parlé de ça de ma vie … Pourquoi toujours moi ?!

 

Je rentrais dans la boutique et prenais un ticket … Deux personnes avant moi … Je m'asseyais et commençais à rentrer en fusion à l’intérieur de moi-même. Je me rongeais la main droite pour ne pas tuer ni blesser quelqu'un …

Quand je m'attaquais le coude, mon numéro s'affichait sur l'écran géant au centre de la pièce. D'un bond crispé, je me dirigeais vers le bureau .

 

Sur place, je ne parvenais pas à exprimer mon problème sans décrisper les dents. J'avais peur de devoir lui casser un bras, si je me laissais un temps soit peu aller.

Le mec me demandait ma CB et rentrait des tas de chiffres sur son ordi. Sa lenteur et ses grimaces au fur et à mesure de ses découvertes me donnaient des envies de meurtre …Mais non … Contrôle … Contrôle. Puis, il me lâchait : « Non ! … Y'a pas de billet avec cette carte ... »

 

HUUUUUUU !!!! L'aiguille va dans le rouge … Pour faire avancer le problème comme un adulte responsable, c'est à dire sans taper les gens, j'expliquais la présence de mon billet justificatif en brisant des chaises contre le mur … Voyant mon état de nerfs, le gars prenait un techos' et allait regarder dans la borne …

 

Leur recherche me semblait des heures … La culpabilité, pour mon retard au travail, me donnait des palpitations … l'air me manquait … Quand la crise cardiaque se faisait de plus en plus certaine, le mec revenait avec des billets tout chiffonnés … « Bon … On à la référence … On va vous les ressortir ... »

La manœuvre prenait encore dix bonnes minutes … Mon cœur ne battait plus qu'une fois sur deux … Quand le type me tendait les tickets, je reprenais immédiatement vie et repartait dans un sprint retour …

 

J'arrivais avec une heure de retard, dans une « décontraction totale ». Il me fallu quand même attendre la pause pour que je puisse m'évanouir en toute quiétude.

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