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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:26

 

En ce dimanche de fin d'été, nous nous retrouvions, ma douce et moi-même, dans la rue au moment où le soleil se fait sa place à grand coups de rayons dans la gueule de la nuit.

 

Je rassure les mères de familles catholiques intégristes qui lisent régulièrement ces quelques lignes : point de retour de beuveries, ni de festivités aux liquidités à 50° et à l'ambiance jamaïcaine ; nous partions pour vendre dans un vide grenier.

 

Ceci expliquait aussi que – ô joie, allégresse et nuit paisible – nous n'étions pas accompagnés de nos nains. Ceux-ci était dropés depuis la veille chez des potes (merci, merci et encore merci pour cette nuit de tranquillité!).

 

7h04, après quelques kilomètres en voiture, chargée jusqu'à la gueule, nous arrivions dans la banlieue d'Aubagne où devait se dérouler le bidule.

 

Nous n'étions pas trop confiants …

Primo, la météo annonçait une journée d'orage avec des gouttes grosses comme des semi-remorques. Ce qui est le pire …

Et secundo, nous avons toujours la loose des foires à tout. On se retrouve toujours dans des trucs tout pourris où le quart monde s'est donné rendez-vous. On y mégote 3 centimes sur une Rolex vendue à 5 … Ce qui à le don de me donner des envies de meurtre …

 

7h22 : malgré notre GPS, notre boussole et l'autochtone que nous avions enlevé pour nous guider, nous arrivions précisément au lieu de vente. Pas facile à trouver ce bordel …

 

Quand je découvrais le lieu, je pilais et foutais la bagnole en travers : « Putain ! Y'a eu un trou de ver* ? Comment on est arrivé à Beyrouth ? »

Sensément être sur le parking d'une boite de nuit, le terrain de vente avait été transformé en gadoue parsemée de petits lagons de boue … glups ...

 

De plus, en y regardant de plus près, la faune se rapprochait plus de celle des puces de Marseille que de celle du bal des débutantes … re-glups …

 

Je me tournais vers Charline : « ça pue du cul, j'le sens pas …

  • Ha, tu trouves ? …

  • Ben t'as pas vu la gueule des keums ?

  • Ben non, quoi ?

  • Tu voies pas le mec qui lèche les cailloux pour son petit dej', … ? ça pue pas l'fric … C'est un coup à prendre un coup de surin pour une Majorette …

  • Meuhhh non … Et puis, on n'a pas fait tout ça pour fuir maintenant ? …

  • Hummm … Ouais … Aller zhou, on verra bien … T'as une bonne mutuelle ?

  • Pourquoi ?

  • Non, rien …

 

Je refouttais la turvoi dans le sens de la marche et la tankais devant l'organisateur. C'était une parodie de propriétaire de boite de nuit Pacacien** : court sur pattes, l'estomac proéminent et le gilet de cuir à frange usé.

Il nous indiquait notre emplacement avec un œil bouffi et une haleine chargé d'une nuit à boire des coups avec ses clients.

 

Je profitais de la quatre-quatrehisation de mon bolide pour traverser les lacs de boue. Je faisais coup double : j'allais vite et je pourrissais le stand des autres … Ha ! Ha ! ha, je suis machiavélique. Je n'oubliais pas d'écraser un vendeur pour montrer aux autres qu'il fallait pas répliquer.

 

À peine le moteur coupé, la première horde de zombies acheteurs venait se coller à la voiture et tentait d'ouvrir le coffre : « Hhaaaa … Ouvrir coffre ... », «bhhaaaaaaaaa ... trop cher, ... », « Reheuuuu … Trouver affaire ... »

Comme dans un film de Roméro***, les mecs avançaient bras et jambes raides en poussant des cris rauques.

 

Armé de ma batte de base-ball, je les faisais reculer dans des grands craquement de boites crâniennes. « Bon, ça devrait les faire réfléchir deux secondes ... ».

 

Nous commencions à vider le bordel : cartons, fond de caisse, table, … Merde ! La deuxième vague ! Ça se jetait sur les cartons, ça ouvrait, ça prenait – ne pas se faire mordre ! … Je tentais de les sortir de mon coffre tant bien que mal ...

 

Les questions fusaient par dizaine, nous étions en sous nombre ! Il fallait être vigilant !

  • Friteuse ? … Combien ?? Rhaaaaaa …

  • 5 euros …

  • Bheuuuu non … 3 …

  • bon, 4 …

  • d'ac'o …

Le mec me tendait une main calleuse remplie de 3 pièces de un euro

  • Tu te fous de ma gueule ?

  • Bheu …

  • 4 c'est 4 !

Le mec me grimaçait un sourire entre j'te prends pour un con et je suis gêné … Je me saisissais de son bras et le cassait sèchement sur mon genou, puis méticuleusement je piétinais ses pièces de merde … Bon on redevient sage ? Fini les conneries ?

 

Le message avait été clair pour les autres, ça se calmait. La journée de vente pouvait commencer … C'est cool, les vides greniers quand on connaît les règles ...

 

* : Pour les non ésséfiste : https://www.google.fr/search?q=trou+de+vers&oq=trou+de+vers&aqs=chrome..69i57j0l3.4528j0&sourceid=chrome&ie=UTF-8

** : de Paca, quoi !

*** : http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Andrew_Romero

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